40 ans après leur création, les Banques Alimentaires ont encore de l’appétit. Leurs bénévoles sont toujours plus nombreux·ses et déterminé·es, mais la baisse des dons pourrait menacer leurs actions.
Zone de chargement devant l’entrepôt de la Banque Alimentaire de Bordeaux (crédit : Enoha Debuire)
Mardi 11 décembre, 11h, 5°C. Dans cette zone industrielle monotone au nord de Bordeaux, un bâtiment de 3000m2 d’apparence glauque abrite la Banque Alimentaire de la Gironde. Sur le parking, des bénévoles chargent des camionnettes orange.
A l’intérieur, les allées se ressemblent, la lumière se fait rare, la température est aussi glaciale qu’à l’extérieur.
Entre deux cagettes de salades, la chaleur des bénévoles contraste avec le froid glacial des lieux.
La banque alimentaire, créatrice de lien social
Une dizaine de bénévoles triant les palettes afin de les expédier (crédit : Enoha Debuire)
Des dizaines de bénévoles aux gilets orange s’activent dans l’entrepôt, dans une ambiance chaleureuse ; ici, tout le monde se dit bonjour et discute.
Bernard, bénévole depuis 1 an, décrit une ambiance de travail idéale, avec des bénévoles et travailleur·euses provenant de toutes les classes sociales et une absence de hiérarchie. Ici, des personnes en situation de handicap, en grande précarité, des retraité·es, des personnes en fin de carrière se côtoient. Beaucoup de lien social se crée ici, l’ambiance est très solidaire grâce à l’ensemble des bénévoles. La Banque Alimentaire est donc un outil de réinsertion sociale, comme le fait entendre Bernard.
Bien que les bénévoles soient heureux·ses du travail effectué dans ces murs, iels déplorent une baisse des dons constatée cette année.
“On a reçu moins de dons cette année”
Un·e bénévole faisant l‘inventaire des dons (crédit : Enoha Debuire)
Habituellement, la collecte des dons leur rapporte quelques 400 tonnes de denrées alimentaires par an. Cette année, les dons ont baissé, pour plusieurs raisons. La plupart des grandes surfaces se sont mises à vendre des produits avec des dates de péremption courtes dans des rayons “anti-gaspillage”. Les dates de péremption sont de plus en plus courtes, rendant plus difficiles le don de ces denrées. Les magasins Leclerc n’ont pas pu participer cette année à la collecte d’automne, faisant baisser le total des dons à 320 tonnes. Fort heureusement, les dons continuent.
Le hard discount “donne énormément”
Les grands coffres gris identiques renfermant les denrées alimentaires, rangés dans des allées toutes aussi identiques (crédit : Enoha Debuire)
Les grandes surfaces discount donnent de grandes quantités de denrées alimentaires. Bernard explique que cela est notamment le cas de Lidl, expliquant la présence de nombreux produits de leurs marques distributeur dans les immenses bacs gris de l’entrepôt. Leurs supermarchés ayant une faible capacité de stockage, ils effectuent de très nombreux renouvellements de leurs stocks afin de ne pas gaspiller de denrées alimentaires et de libérer de l’espace. Ce qui n’est pas vendable est donné par les grandes surfaces, leur permettant d’avoir des avantages fiscaux comme précisé par Bernard ; c’est donc du gagnant-gagnant.
