Encore un tweet mensonger et transphobe de Marguerite Stern

Habituée depuis plusieurs années des tweets à l’encontre des personnes transgenres, qu’elle méprise au point d’avoir sorti cette année le livre Transmania (rempli d’insultes et d’affirmations totalement fausses), Marguerite Stern a une nouvelle fois fait une sortie de route transphobe le 12 novembre 2024. En affirmant sur son compte X, à propos d’une nouvelle loi facilitant le changement de genre à l’état civil, que “Cela signifie + d’hommes dans les sports, vestiaires, toilettes, prisons des femmes”, elle alimente le discours de la “théorie du genre”, repris même par le ministre délégué à la réussite scolaire cette semaine. 

 
Les hommes ne peuvent pas se faire passer pour des femmes dans des compétitions sportives, le “Cadre du CIO sur l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation” empêche des athlètes de se réclamer d’une identité de genre différente de celle qu’iels utilisent de manière constante et persistante, dans le but de participer à une épreuve dans une catégorie donnée. Le British Journal of Sport Medecine précise que les femmes trans possèdent une capacité de saut, une fonction pulmonaire et une aptitude cardiovasculaire inférieures à celles des sportives cisgenres et qu’elles ne sont donc pas avantagées. Quant aux autres cas de figure comme les toilettes et vestiaires, l’association Toutes des Femmes rappelle que les femmes trans les utilisent déjà au quotidien sans problèmes mais que “À l’inverse, obliger des femmes trans à aller dans les vestiaires pour hommes les expose à un risque réel d’être agressées par des hommes”. 

Changement de genre à l’état civil 

Ce tweet fait suite à la proposition de loi de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel visant à “faciliter la reconnaissance du genre à l’État civil”. Cette proposition datant d’avril dernier avait été présentée face à la proposition de loi des sénateur·ices Les Républicains, adoptée en mai 2024, visant à interdire les transitions hormonales et chirurgicales chez les mineur·es trans. En clair, elle propose de changer son genre et prénom(s) devant un·e officier·e d’État civil dès 16 ans (et avant 16 ans avec accord parental) sans passer au tribunal et d’avoir à prouver une opération chirurgicale, un avis médical, l’apparence physique ou de témoignages d’autrui. Marguerite Stern s’affole que la “prochaine étape [soit] que les mômes de 12 ans [puissent] changer leur état civil sans l’accord de leurs parents, les fixer logiquement sur l’autoroute de la transition médicale”. Ce que la gauche n’a jamais défendu, le programme commun du NFP indique “Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état civil” “lutter contre la transphobie” et “augmenter les moyens dans la santé pour les transitions”, mais à aucun moment une volonté que les “mômes de 12 ans change[nt] leur état civil” comme elle le défend. 

Transitions médicales : le mensonge continue 

La panique morale de Marguerite Stern ne s’arrête pas là, car elle affirme sans preuves concrètes que les mineur·es trans que l’on va accompagner seront “fix[é·es]  logiquement sur l’autoroute de la transition médicale” mais Selon l’Assurance maladie, en 2020, 8 952 personnes avaient vu leur prise en charge pour transidentité remboursée à 100 %, soit … 4,97% des personnes trans ou non-binaires qui seraient plus de 180 000 en France, d’après Trajectoires Jeunes Trans, une plateforme d’information des Hôpitaux de Paris soutenue et financée par l’État et l’ARS. 

Ce tweet pourrait faire penser comme de nombreux autres que les enfants seraient poussés à entamer une transition (médicale, hormonale ou sociale) alors que les personnes trans et non-binaires ne représentent que 0,33 % de la population française. Toutes des Femmes rappelle que “De nombreuses personnes trans témoignent du fait d’avoir eu connaissance de leur désir de transition dès la petite, voire très petite enfance. C’est l’absence d’information et la stigmatisation sociale qui conduisent à des coming out plus tardifs”. Il n’y a donc pas plus d’enfants trans, juste une meilleure information et plus de professionnel·les de santé formé·es pour les éclairer. 

 
Dans quel monde voulons-nous vivre ? 

Marguerite Stern la “femelliste”, du nom du mouvement soi-disant féministe ayant pour but de dénoncer les femmes trans et les musulmans de leur causer tout le mal du monde, signe son tweet d’un “Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ?”. Elle et ses ami·es de Reconquête et du Rassemblement National, de la sphère médiatique Bolloré et autres Parents Vigilants (collectif qui lutte contre la prétendue « théorie du genre » et la religion musulmane) veulent un monde où le mensonge est roi pour acquérir toujours plus de pouvoir politico-médiatique. Les mensonges autrefois perpétrés sur les personnes homosexuelles ou bisexuelles (« ils endoctrinent nos enfants », « c’est contre nature » …) se retrouvent désormais à l’encontre des personnes trans et non binaires. En face, on peut et on doit vouloir vivre dans un monde qui accepte la réalité scientifique de la transidentité, aider et aimer ces jeunes et moins jeunes donc la vie est un calvaire car l’on ment constamment sur leur propre existence.