Ces associations qui alimentent les sans-abris à l’approche de l’hiver 

Alors que 1019 personnes vivent cette année sans domicile à Bordeaux, plusieurs associations se mobilisent pour les aider à l’approche de l’hiver, entre bénéficiaires toujours plus nombreux·ses et difficultés d’approvisionnement. 

Maraude des bénévoles de l’association La Maraude du Cœur Bordeaux, sur la place Pey-Berland (crédit : compte Instagram @lamaraudeducoeurbordeaux

Tandis que certain·es préparent joyeusement les fêtes de fin d’année, d’autres vont les passer à la rue. Mais des associations les aident en cette rude saison hivernale. 

C’est le cas de la Maraude du cœur, association bordelaise fondée en novembre 2017 par Estelle Morizot, ancienne toxicomane à la rue pendant 7 ans. Elle est motivée par sa rage de voir des centaines de personnes mourir de faim et de froid à la rue “au premier et second degré” précise-t-elle. 

En plein achat de matériel pour le nouveau pôle d’action en faveur des chiens de SDF, elle témoigne : “on a battu un record de 96 repas servis en 23 minutes” ; chaque soir à la maraude organisée devant l’Hôtel de Ville, entre 70 et 100 personnes viennent se restaurer, un chiffre plus élevé l’hiver. 

Ici, la diversité des profils est marquante : on y croise aussi bien Anne-Marie, 73 ans, contrainte de dormir dans l’aéroport lorsque les vigiles la laissent rentrer, que des femmes enceintes ou encore des mineur·es. “ça me fout en l’air” commente-t-elle, lorsqu’elle évoque le nombre grandissant de sans-abri qui “crèvent la dalle” et “vivent les pieds dans l’eau” dès l’automne.  

Quant à Françoise Casadebeig, responsable départementale des Restos du cœur, elle affirme que dans le seul quartier de la gare St-Jean,180 à 200 personnes viennent chercher à manger les soirs du lundi au jeudi. Elle évoque un contraste avec une “surabondance de nourriture dans les magasins” en période de fêtes. 

La générosité, pilier fort de cette aide vitale 

Le temps précieux donné par les bénévoles est précieux : aux Restos, ils sont 1460 au total, 12 à 14 par soirée, ils donnent “+50h par semaine pour Noël” à la Maraude. 

“Depuis le Covid, on ne reçoit plus de virements [dons] mensuels” accuse Estelle Mourizot. Il faut donc se réinventer pour continuer : “un bénévole a mis en place une cagnotte dans son entreprise” raconte-t-elle, tandis que d’autres bénévoles vendent t-shirt et pulls dont les bénéficient reviennent à l’association. La fondatrice évoque également une hausse des dons défiscalisés par les entreprises.  

L’hiver est une “motivation supplémentaire” aux Restos car les sans-abris souffrent particulièrement du froid, fort heureusement les gens “donnent énormément” avant les fêtes, avant le mois de janvier où les dons sont rares.