Ce mercredi 23 avril, le gouvernement a décidé d’enterrer comme à son habitude le ferroviaire, cette fois-ci en décidant de supprimer cette offre qui permettait aux 16-27 ans de voyager en illimité pendant un mois (juillet ou août) sur l’ensemble des TER et Intercités pour 49€. L’excuse du ministère des transports ? L’austérité budgétaire généralisée – les 40 milliards d’euros d’économies réclamées par le ministre de l’Économie Éric Lombard – ainsi que le « faible succès » de l’offre, avec 235 000 pass vendus contre 700 000 espérés (soit 10 % des 16-27 ans).
Un pass voué à l’échec
Le réseau ferré français est construit en étoile autour de Paris, sauf que Valérie Pécresse, présidente de la Région Île-de-France et d’Île de France Mobilités (IDFM), n’a pas souhaité inclure les RER et Transilien dans le pass. 2,4 millions de trajets ont été réalisés l’été dernier, ce n’est donc pas un échec du côté des usager·es … mais bien du côté des pouvoirs publics. Car avec un Pass rail, on ne pouvait réserver qu’un seul train par jour, rendant impossibles des allers-retour dans la journée ainsi que la réservation d’un autre train en cas de problème – malgré une « rupture de correspondance » permettant en théorie d’emprunter un autre train. De plus, le maillage du territoire en trains Intercités étant bien maigre depuis ces dernières années au profit du TGV complexifient les voyages sur de longues distances. Le manque de coordination des régions a-t-il emmené le pass rail ? C’est la théorie avancée par la FNAUT. Mais les faibles fréquences de certaines lignes TER, la desserte inexistante de nombreux territoires par le rail ainsi que les correspondances mal étudiées n’ont pas aidé … Par exemple, pour faire Limoges – Angoulême, il faut désormais passer par Poitiers ou Libourne, voire emprunter deux trains et un autocar, car la ligne a partiellement fermé. Comptez entre 3h40 et 4h30 de trajet pour un tarif à partir de … 50€. Car oui, il vous faudra sûrement emprunter un TGV à Poitiers. Petit message à nos dirigeant·es qui n’investissent pas assez dans le rail : « À vous de nous faire préférer le train » – pour détourner un ancien slogan de la SNCF.
L’Allemagne : un exemple à suivre ?
Depuis le 1er mai 2023, l’Allemagne propose le « Deutschlandticket », un abonnement mensuel ou saisonnier qui permet d’emprunter l’ensemble des bus, trams, métros (U-Bahn) , trains de banlieue (S-Bahn) et trains régionaux (RegioBahn – RB) en illimité pour 49€ (59€ depuis le 1er janvier, maximum 40,60 € avec prise en charge de l’employeur). Cette offre fait suite au « ticket à 1€ » expérimenté entre 2022 et 2023, qui proposait la même offre.
En décembre 2024, 13,5 millions de personnes ont utilisé le Deutschlandticket. Entre mai 2023 et le 22 février 2024, 74,6 millions de Deutschlandtickets ont été vendus. 20 à 30 % des citadin·es et 6 % des résident·es des petites villes et zones rurales en ont acheté un. Au cours de la première année d’existence du Deutschlandticket, le nombre de passager·es des services régionaux de la Deutsche Bahn a augmenté de 28% et la distance moyenne parcourue a augmenté d’environ 20%.
