Auteur/autrice : enoha_adm

  • Jean-Marie Le Pen, une vie de haine et de division

    Jean-Marie Le Pen, une vie de haine et de division

    Mort à 95 ans, Jean-Marie Le Pen laisse derrière lui une carrière politique marquée par le rejet des minorités et le négationisme. Retour sur le parcours d’un homme qui a incarné l’extrême droite française et ses idées nauséabondes. 

    “L’homosexualité n’est pas une norme, c’est une déviance”, le genre de propos habituels de Jean-Marie Le Pen qui ont fait monter le FN dans les années 1980. En 1984, il qualifiait les immigré·es de “sous-hommes”, avant d’ajouter : “Quand on veut les expulser, on dit qu’on est des nazis. Mais si on ne fait rien, nous serons demain submergés.” Une rhétorique qui lui a valu d’être surnommé par certain·es “le tribun de la haine”. 

    Une rhétorique négationniste et antisémite 

    Parmi les multiples polémiques qui ont jalonné la vie de Jean-Marie Le Pen, ses propos négationnistes occupent une place particulière. En 1987, il qualifiait les chambres à gaz de “point de détail de l’histoire de la Seconde Guerre mondiale”, suscitant l’indignation générale, Simone Veil en tête.  

    À cela s’ajoutent des déclarations ouvertement antisémites, comme en 1996, lorsqu’il affirmait que les “juifs dominaient le monde de la finance et des médias”. Ses paroles ont souvent été accompagnées d’un sourire provocateur, révélant une stratégie visant à maintenir l’ambiguïté tout en flattant une partie de son électorat. 

    “ Le Pen représente la face la plus sombre de l’histoire politique française contemporaine”, analysait l’historien Pierre Milza. “Il a su exploiter les peurs irrationnelles et les préjugés pour imposer ses idées à l’agenda national.”, jusqu’à accéder au second tour des présidentielles en 2002. 

    « Les homosexuels, c’est comme le sel dans la soupe » 

    Outre ses positions racistes et antisémites, Jean-Marie Le Pen s’est également illustré par des déclarations homophobes. En 1984, il estimait que l’homosexualité n’est pas un “délit” mais “une anomalie biologique et sociale”, rappelle l’historienne Valérie Igounet. En 1998, il ironisait sur les homosexuels, les qualifiant de “malades” » et ajoutant qu’ils “devraient être tenus à l’écart pour protéger la société” ». En 2004, lors d’un discours, il déclarait encore : “L’homosexualité n’est pas une norme, c’est une déviance”. »  

    “Son discours a contribué à décomplexer une parole haineuse dans la sphère publique”, affirmait Louis-Georges Tin, militant homosexuel et antiraciste. « Les mots de Le Pen ne sont pas seulement des opinions, ils ont des conséquences. » 

    Un héritage empoisonné 

    L’éviction de Jean-Marie Le Pen par sa propre fille Marine, en 2015, témoigne de la volonté de “dédiaboliser” le FN, renommé pour l’occasion Rassemblement national (RN). Pourtant, l’ombre de Jean-Marie Le Pen plane encore sur le parti. Ses idées et ses méthodes ont grandement inspiré l’extrême droite française et européenne, tout en adoptant un ton plus lisse, fin, moderne, jeune et “acceptable”, comme en témoigne le RN actuel à la sauce Bardella. 

    Jean-Marie Le Pen restera l’incarnation d’une extrême droite réactionnaire et haineuse. Son éloquence et sa stratégie populiste lui ont permis de peser sur le paysage politique français, mais son héritage est celui de la division et de l’intolérance. “Son parcours est un rappel des dangers d’une rhétorique de haine banalisée”, rappelle l’historien Benjamin Stora. Cette rhétorique lui aura été bien utile pour offrir un second tour à l’extrême droite aux présidentielles de 2002, devançant Lionel Jospin, puis les présidentielles de 2017 et 2022 avec sa fille. Ainsi, Jean-Marie Le Pen aura permis à l’extrême droite de se développer, si bien qu’elle est désormais aux portes du pouvoir. 

  • Homophobie et transphobie : de Matignon au Bureau Ovale, triste journée pour les droits LGBTQIA+

    Homophobie et transphobie : de Matignon au Bureau Ovale, triste journée pour les droits LGBTQIA+

    Donald Trump au meeting des jeunes conservateurs le 23/12/24 et Gérald Darmanin à l’Assemblée Nationale (Crédits : DR)

    Horreur Bergé et Élisabeth Borgne

    Le gouvernement nouveau vient d’être dévoilé, je ne m’attendais à rien mais je suis quand même déçu·e. Les joueurs historiques du FC Macronie reviennent sur le terrain avant que l’arbitre Nouveau Front Populaire ne siffle un nouvel arrêt de jeu. Parmi les joueurs prévisibles dans cette équipe, on retrouve encore et toujours Sébastien Lecornu, Bruno Retailleau ou Rachida Dati, mais des politiques mis sur le banc font leur come-back. On retrouve « Miss 49.3 », plus connue sous le nom d’Élisabeth Borne, Gérald Darmanin ou encore un certain … Manuel Valls. Leur retour n’était pas attendu par grand monde, et cela pour de bonnes raisons. Personne n’a oublié le coup de force antidémocratique du gouvernement Borne pour imposer la réforme des retraites, ou les graves dérives xénophobes de Gérald Darmanin notamment lors du vote de la loi immigration l’hiver dernier. Et au milieu, une girouette ex-pseudo socialiste nommée Manuel Valls qui après de nombreuses années de fayotage auprès du Président a enfin réussi à remporter un ministère (les Outre-Mer).

    Parmi des thématiques ultra racistes et xénophobes classiques de la droite, les LGBTphobies semblent un bon trait d’union entre nombre de ministres. Aurore Bergé, encore chargée ironiquement de la lutte contre les discriminations et l’égalité des genres, et Astrid Panosyan, ministre du travail et de l’emploi, soutiennent fièrement les autrices transphobes Dora Moutot et Marguerite Stern. Pour un bon gouvernement réac’ partisan de la manif pour tous, on retrouve Catherine Vautrin, ministre du travail et de la santé, Gérald Darmanin qui devient Garde des Sceaux, Annie Genevard partie à l’Agriculture et Bruno Retailleau à l’Intérieur. 

    D’autres personnalités aideront à instaurer un climat encore plus favorable à la transphobie, avec Rachida Dati qui s’est abstenue pour interdire les tortures sur les personnes LGBTQIA+, ou Françoise Gatel, ministre de la ruralité, qui a voté la proposition de loi interdisant les transitions médicales pour les mineur·es trans. Pour plus de détails sur l’homophobie et la transphobie des nouveaux ministres, ce post recense leurs prises de positions. L’Humanité titre son numéro du 24 décembre « L’échec assuré », ça va encore sentir le sapin pour cette fin de saison de la « Star Réac’ »

    Trump détaille ses ambitions nauséabondes

    Ce dimanche, l’ex et futur président étasunien Donald Trump était présent lors d’un meeting  organisé par de jeunes conservateurs à Phoenix (Arizona), qui l’ont longuement applaudi quand il a encore martelé que le « wokisme doit s’arrêter ». Il a pu pendant 90 minutes donner les grandes lignes du programme qu’il appliquera à partir de janvier, entre xénophobie, transphobie et autres affirmations géopolitiques douteuses sur le conflit en Ukraine. Évidemment, ce genre de discours permet à Trump de faire le buzz sur des thématiques qui divisent les étasunien·nes.

    Il a affirmé que dès son investiture le 20 janvier, « [il] signera des décrets pour mettre fin aux mutilations sexuelles des enfants, exclure les transgenres de l’armée et les exclure des écoles primaires, des collèges et des lycées », renforçant ainsi les discriminations touchant ces jeunes aux États-Unis comme partout ailleurs. Cette déclaration n’est pas une surprise, les positions du vilain petit canard Donald sur les personnes queer étant connues de tous·tes. De la même manière qu’il nie le changement climatique, Donald Trump nie l’existence des personnes non-binaires, déclarant que « La politique officielle des Etats-Unis sera qu’il n’y a que deux genres : homme et femme », bien qu’au pays de l’Oncle Sam comme ailleurs, se faire reconnaître en tant que tel·le soit mission impossible.

    L’oppression conservatrice à l’encontre des minorités a commencé avant même l’investiture, puisque qu’il y a un mois, des membres « Républicains » du Congrès ont voulu interdire l’accès aux toilettes des femmes au Capitole à Sarah McBride, première personne trans élue à la Chambre. Il ne faut pas oublier que son super « ministre à l’efficacité gouvernementale » n’est autre qu’Elon Musk, connu pour sa transphobie envers même sa propre fille, qu’il mégenre et appelle par son deadname sur Twitter en accusant le « virus woke » d’avoir « volé son fils ». Le dégoût. Le combat pour sauver nos adelphes queer, handi·es ou racisé·es ne fait donc que commencer, aussi bien aux États-Unis qu’en France, où les horribles politiques trumpistes pourraient bien inspirer nos politiques, aussi bien au Rassemblement national qu’au sein du gouvernement …

  • Au cœur de la Banque Alimentaire de Bordeaux, entre solidarité et difficultés 

    Au cœur de la Banque Alimentaire de Bordeaux, entre solidarité et difficultés 

    40 ans après leur création, les Banques Alimentaires ont encore de l’appétit. Leurs bénévoles sont toujours plus nombreux·ses et déterminé·es, mais la baisse des dons pourrait menacer leurs actions. 

    Zone de chargement devant l’entrepôt de la Banque Alimentaire de Bordeaux (crédit : Enoha Debuire) 

     
    Mardi 11 décembre, 11h, 5°C. Dans cette zone industrielle monotone au nord de Bordeaux, un bâtiment de 3000m2 d’apparence glauque abrite la Banque Alimentaire de la Gironde. Sur le parking, des bénévoles chargent des camionnettes orange. 

    A l’intérieur, les allées se ressemblent, la lumière se fait rare, la température est aussi glaciale qu’à l’extérieur.  

    Entre deux cagettes de salades, la chaleur des bénévoles contraste avec le froid glacial des lieux. 

    La banque alimentaire, créatrice de lien social 

    Une dizaine de bénévoles triant les palettes afin de les expédier (crédit : Enoha Debuire) 

    Des dizaines de bénévoles aux gilets orange s’activent dans l’entrepôt, dans une ambiance chaleureuse ; ici, tout le monde se dit bonjour et discute.  

    Bernard, bénévole depuis 1 an, décrit une ambiance de travail idéale, avec des bénévoles et travailleur·euses provenant de toutes les classes sociales et une absence de hiérarchie. Ici, des personnes en situation de handicap, en grande précarité, des retraité·es, des personnes en fin de carrière se côtoient. Beaucoup de lien social se crée ici, l’ambiance est très solidaire grâce à l’ensemble des bénévoles. La Banque Alimentaire est donc un outil de réinsertion sociale, comme le fait entendre Bernard. 

    Bien que les bénévoles soient heureux·ses du travail effectué dans ces murs, iels déplorent une baisse des dons constatée cette année. 

    “On a reçu moins de dons cette année” 

    Un·e bénévole faisant l‘inventaire des dons (crédit : Enoha Debuire) 

    Habituellement, la collecte des dons leur rapporte quelques 400 tonnes de denrées alimentaires par an. Cette année, les dons ont baissé, pour plusieurs raisons. La plupart des grandes surfaces se sont mises à vendre des produits avec des dates de péremption courtes dans des rayons “anti-gaspillage”. Les dates de péremption sont de plus en plus courtes, rendant plus difficiles le don de ces denrées. Les magasins Leclerc n’ont pas pu participer cette année à la collecte d’automne, faisant baisser le total des dons à 320 tonnes. Fort heureusement, les dons continuent. 

    Le hard discount “donne énormément” 

    Les grands coffres gris identiques renfermant les denrées alimentaires, rangés dans des allées toutes aussi identiques (crédit : Enoha Debuire) 

    Les grandes surfaces discount donnent de grandes quantités de denrées alimentaires. Bernard explique que cela est notamment le cas de Lidl, expliquant la présence de nombreux produits de leurs marques distributeur dans les immenses bacs gris de l’entrepôt. Leurs supermarchés ayant une faible capacité de stockage, ils effectuent de très nombreux renouvellements de leurs stocks afin de ne pas gaspiller de denrées alimentaires et de libérer de l’espace. Ce qui n’est pas vendable est donné par les grandes surfaces, leur permettant d’avoir des avantages fiscaux comme précisé par Bernard ; c’est donc du gagnant-gagnant. 

  • Grève SNCF, interview de Manuel Boulet de la CGT Cheminot·es

    Grève SNCF, interview de Manuel Boulet de la CGT Cheminot·es

    Version montée format JT (1min30)

    Version longue (4min30)

  • Ces associations qui alimentent les sans-abris à l’approche de l’hiver 

    Ces associations qui alimentent les sans-abris à l’approche de l’hiver 

    Alors que 1019 personnes vivent cette année sans domicile à Bordeaux, plusieurs associations se mobilisent pour les aider à l’approche de l’hiver, entre bénéficiaires toujours plus nombreux·ses et difficultés d’approvisionnement. 

    Maraude des bénévoles de l’association La Maraude du Cœur Bordeaux, sur la place Pey-Berland (crédit : compte Instagram @lamaraudeducoeurbordeaux

    Tandis que certain·es préparent joyeusement les fêtes de fin d’année, d’autres vont les passer à la rue. Mais des associations les aident en cette rude saison hivernale. 

    C’est le cas de la Maraude du cœur, association bordelaise fondée en novembre 2017 par Estelle Morizot, ancienne toxicomane à la rue pendant 7 ans. Elle est motivée par sa rage de voir des centaines de personnes mourir de faim et de froid à la rue “au premier et second degré” précise-t-elle. 

    En plein achat de matériel pour le nouveau pôle d’action en faveur des chiens de SDF, elle témoigne : “on a battu un record de 96 repas servis en 23 minutes” ; chaque soir à la maraude organisée devant l’Hôtel de Ville, entre 70 et 100 personnes viennent se restaurer, un chiffre plus élevé l’hiver. 

    Ici, la diversité des profils est marquante : on y croise aussi bien Anne-Marie, 73 ans, contrainte de dormir dans l’aéroport lorsque les vigiles la laissent rentrer, que des femmes enceintes ou encore des mineur·es. “ça me fout en l’air” commente-t-elle, lorsqu’elle évoque le nombre grandissant de sans-abri qui “crèvent la dalle” et “vivent les pieds dans l’eau” dès l’automne.  

    Quant à Françoise Casadebeig, responsable départementale des Restos du cœur, elle affirme que dans le seul quartier de la gare St-Jean,180 à 200 personnes viennent chercher à manger les soirs du lundi au jeudi. Elle évoque un contraste avec une “surabondance de nourriture dans les magasins” en période de fêtes. 

    La générosité, pilier fort de cette aide vitale 

    Le temps précieux donné par les bénévoles est précieux : aux Restos, ils sont 1460 au total, 12 à 14 par soirée, ils donnent “+50h par semaine pour Noël” à la Maraude. 

    “Depuis le Covid, on ne reçoit plus de virements [dons] mensuels” accuse Estelle Mourizot. Il faut donc se réinventer pour continuer : “un bénévole a mis en place une cagnotte dans son entreprise” raconte-t-elle, tandis que d’autres bénévoles vendent t-shirt et pulls dont les bénéficient reviennent à l’association. La fondatrice évoque également une hausse des dons défiscalisés par les entreprises.  

    L’hiver est une “motivation supplémentaire” aux Restos car les sans-abris souffrent particulièrement du froid, fort heureusement les gens “donnent énormément” avant les fêtes, avant le mois de janvier où les dons sont rares. 

  • Encore un tweet mensonger et transphobe de Marguerite Stern

    Encore un tweet mensonger et transphobe de Marguerite Stern

    Habituée depuis plusieurs années des tweets à l’encontre des personnes transgenres, qu’elle méprise au point d’avoir sorti cette année le livre Transmania (rempli d’insultes et d’affirmations totalement fausses), Marguerite Stern a une nouvelle fois fait une sortie de route transphobe le 12 novembre 2024. En affirmant sur son compte X, à propos d’une nouvelle loi facilitant le changement de genre à l’état civil, que “Cela signifie + d’hommes dans les sports, vestiaires, toilettes, prisons des femmes”, elle alimente le discours de la “théorie du genre”, repris même par le ministre délégué à la réussite scolaire cette semaine. 

     
    Les hommes ne peuvent pas se faire passer pour des femmes dans des compétitions sportives, le “Cadre du CIO sur l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation” empêche des athlètes de se réclamer d’une identité de genre différente de celle qu’iels utilisent de manière constante et persistante, dans le but de participer à une épreuve dans une catégorie donnée. Le British Journal of Sport Medecine précise que les femmes trans possèdent une capacité de saut, une fonction pulmonaire et une aptitude cardiovasculaire inférieures à celles des sportives cisgenres et qu’elles ne sont donc pas avantagées. Quant aux autres cas de figure comme les toilettes et vestiaires, l’association Toutes des Femmes rappelle que les femmes trans les utilisent déjà au quotidien sans problèmes mais que “À l’inverse, obliger des femmes trans à aller dans les vestiaires pour hommes les expose à un risque réel d’être agressées par des hommes”. 

    Changement de genre à l’état civil 

    Ce tweet fait suite à la proposition de loi de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel visant à “faciliter la reconnaissance du genre à l’État civil”. Cette proposition datant d’avril dernier avait été présentée face à la proposition de loi des sénateur·ices Les Républicains, adoptée en mai 2024, visant à interdire les transitions hormonales et chirurgicales chez les mineur·es trans. En clair, elle propose de changer son genre et prénom(s) devant un·e officier·e d’État civil dès 16 ans (et avant 16 ans avec accord parental) sans passer au tribunal et d’avoir à prouver une opération chirurgicale, un avis médical, l’apparence physique ou de témoignages d’autrui. Marguerite Stern s’affole que la “prochaine étape [soit] que les mômes de 12 ans [puissent] changer leur état civil sans l’accord de leurs parents, les fixer logiquement sur l’autoroute de la transition médicale”. Ce que la gauche n’a jamais défendu, le programme commun du NFP indique “Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état civil” “lutter contre la transphobie” et “augmenter les moyens dans la santé pour les transitions”, mais à aucun moment une volonté que les “mômes de 12 ans change[nt] leur état civil” comme elle le défend. 

    Transitions médicales : le mensonge continue 

    La panique morale de Marguerite Stern ne s’arrête pas là, car elle affirme sans preuves concrètes que les mineur·es trans que l’on va accompagner seront “fix[é·es]  logiquement sur l’autoroute de la transition médicale” mais Selon l’Assurance maladie, en 2020, 8 952 personnes avaient vu leur prise en charge pour transidentité remboursée à 100 %, soit … 4,97% des personnes trans ou non-binaires qui seraient plus de 180 000 en France, d’après Trajectoires Jeunes Trans, une plateforme d’information des Hôpitaux de Paris soutenue et financée par l’État et l’ARS. 

    Ce tweet pourrait faire penser comme de nombreux autres que les enfants seraient poussés à entamer une transition (médicale, hormonale ou sociale) alors que les personnes trans et non-binaires ne représentent que 0,33 % de la population française. Toutes des Femmes rappelle que “De nombreuses personnes trans témoignent du fait d’avoir eu connaissance de leur désir de transition dès la petite, voire très petite enfance. C’est l’absence d’information et la stigmatisation sociale qui conduisent à des coming out plus tardifs”. Il n’y a donc pas plus d’enfants trans, juste une meilleure information et plus de professionnel·les de santé formé·es pour les éclairer. 

     
    Dans quel monde voulons-nous vivre ? 

    Marguerite Stern la “femelliste”, du nom du mouvement soi-disant féministe ayant pour but de dénoncer les femmes trans et les musulmans de leur causer tout le mal du monde, signe son tweet d’un “Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ?”. Elle et ses ami·es de Reconquête et du Rassemblement National, de la sphère médiatique Bolloré et autres Parents Vigilants (collectif qui lutte contre la prétendue « théorie du genre » et la religion musulmane) veulent un monde où le mensonge est roi pour acquérir toujours plus de pouvoir politico-médiatique. Les mensonges autrefois perpétrés sur les personnes homosexuelles ou bisexuelles (« ils endoctrinent nos enfants », « c’est contre nature » …) se retrouvent désormais à l’encontre des personnes trans et non binaires. En face, on peut et on doit vouloir vivre dans un monde qui accepte la réalité scientifique de la transidentité, aider et aimer ces jeunes et moins jeunes donc la vie est un calvaire car l’on ment constamment sur leur propre existence. 

  • Lancement du Ouigo Paris-Bruxelles (posts réseaux sociaux)

    Lancement du Ouigo Paris-Bruxelles (posts réseaux sociaux)

    Instagram : 

    🚆 Dès le jeudi 19 décembre, le Ouigo Paris-Bruxelles sera sur les rails !  

    Les réservations sont ouvertes depuis jeudi, pour tous les trains jusqu’au 31 mars 2025, avec des tarifs compris entre 10€ et 59€. 

    3 allers-retours quotidiens sont proposés, avec des départs le matin, à la mi-journée et en début de soirée. 

    Les trains rose bonbon relieront les 2 capitales en 3h, contre 1h30 en Eurostar, et desserviront les gares de Creil, Aulnoye-Aymeries et Mons. 

    🔗 Lien en bio 

    Facebook :  

    🚆Le nouveau Ouigo Paris-Bruxelles entrera en service le 19 décembre, avec des tarifs compris entre 10€ et 59€. 

    🕗 Trois allers-retours quotidiens seront assurés, pour un temps de trajet de trois heures, soit deux fois plus qu’en Eurostar (ex-Thalys).  

    🗺️ Ce train s’arrêtera en gares de Creil, Aulnoye-Aymeries et Mons, en empruntant la ligne classique et non la LGV comme les Eurostar, étant donné que les rames utilisées sont des voitures tractées par une locomotive et non un train à grande vitesse. 

    💺 Les billets sont réservables six mois à l’avance. SNCF Voyageurs et la SNCB comptent attirer les familles avec un prix unique à 8 € pour les moins de 12 ans et gratuité pour les moins de 4 ans. 

    🔗 https://bit.ly/3ZqRD4j 

    Post X (Twitter) :  

    🚆 Plus lent mais moins cher, le Ouigo reliera Paris à Bruxelles dès le 19 décembre. Les billets sont en vente depuis jeudi, pour des prix allant de 10€ à 59€. Le trajet durera 3h, contre 1h30 en Eurostar. 

    🔗 https://bit.ly/3ZqRD4j 

  • Encore un tweet mensonger et transphobe de Marguerite Stern 

    Encore un tweet mensonger et transphobe de Marguerite Stern 

    Habituée depuis plusieurs années des tweets à l’encontre des personnes transgenres, qu’elle méprise au point d’avoir sorti cette année le livre Transmania (rempli d’insultes et d’affirmations totalement fausses), Marguerite Stern a une nouvelle fois fait une sortie de route transphobe le 12 novembre 2024. En affirmant sur son compte X, à propos d’une nouvelle loi facilitant le changement de genre à l’état civil, que “Cela signifie + d’hommes dans les sports, vestiaires, toilettes, prisons des femmes”, elle alimente le discours de la “théorie du genre”, repris même par le ministre délégué à la réussite scolaire cette semaine. 

     
    Les hommes ne peuvent pas se faire passer pour des femmes dans des compétitions sportives, le “Cadre du CIO sur l’équité, l’inclusion et la non-discrimination sur la base de l’identité sexuelle et de l’intersexuation” empêche des athlètes de se réclamer d’une identité de genre différente de celle qu’iels utilisent de manière constante et persistante, dans le but de participer à une épreuve dans une catégorie donnée. Le British Journal of Sport Medecine précise que les femmes trans possèdent une capacité de saut, une fonction pulmonaire et une aptitude cardiovasculaire inférieures à celles des sportives cisgenres et qu’elles ne sont donc pas avantagées. Quant aux autres cas de figure comme les toilettes et vestiaires, l’association Toutes des Femmes rappelle que les femmes trans les utilisent déjà au quotidien sans problèmes mais que “À l’inverse, obliger des femmes trans à aller dans les vestiaires pour hommes les expose à un risque réel d’être agressées par des hommes”. 

    Changement de genre à l’état civil 

    Ce tweet fait suite à la proposition de loi de la sénatrice écologiste Mélanie Vogel visant à “faciliter la reconnaissance du genre à l’État civil”. Cette proposition datant d’avril dernier avait été présentée face à la proposition de loi des sénateur·ices Les Républicains, adoptée en mai 2024, visant à interdire les transitions hormonales et chirurgicales chez les mineur·es trans. En clair, elle propose de changer son genre et prénom(s) devant un·e officier·e d’État civil dès 16 ans (et avant 16 ans avec accord parental) sans passer au tribunal et d’avoir à prouver une opération chirurgicale, un avis médical, l’apparence physique ou de témoignages d’autrui. Marguerite Stern s’affole que la “prochaine étape [soit] que les mômes de 12 ans [puissent] changer leur état civil sans l’accord de leurs parents, les fixer logiquement sur l’autoroute de la transition médicale”. Ce que la gauche n’a jamais défendu, le programme commun du NFP indique “Autoriser le changement d’état-civil libre et gratuit devant un officier d’état civil” “lutter contre la transphobie” et “augmenter les moyens dans la santé pour les transitions”, mais à aucun moment une volonté que les “mômes de 12 ans change[nt] leur état civil” comme elle le défend. 

    Transitions médicales : le mensonge continue 

    La panique morale de Marguerite Stern ne s’arrête pas là, car elle affirme sans preuves concrètes que les mineur·es trans que l’on va accompagner seront “fix[é·es]  logiquement sur l’autoroute de la transition médicale” mais Selon l’Assurance maladie, en 2020, 8 952 personnes avaient vu leur prise en charge pour transidentité remboursée à 100 %, soit … 4,97% des personnes trans ou non-binaires qui seraient près de 180 000 en France, d’après Trajectoires Jeunes Trans, une plateforme d’information des Hôpitaux de Paris soutenue et financée par l’État et l’ARS. 

    Ce tweet pourrait faire penser comme de nombreux autres que les enfants seraient poussés à entamer une transition (médicale, hormonale ou sociale) alors que les personnes trans et non-binaires ne représentent que 0,33 % de la population française. Toutes des Femmes rappelle que “De nombreuses personnes trans témoignent du fait d’avoir eu connaissance de leur désir de transition dès la petite, voire très petite enfance. C’est l’absence d’information et la stigmatisation sociale qui conduisent à des coming out plus tardifs”. Il n’y a donc pas plus d’enfants trans, juste une meilleure information et plus de professionnel·les de santé formé·es pour les éclairer. 

     
    Dans quel monde voulons-nous vivre ? 

    Marguerite Stern la “femelliste”, du nom du mouvement soi-disant féministe ayant pour but de dénoncer les femmes trans et les musulman·es de leur causer tout le mal du monde, signe son tweet d’un “Est-ce vraiment le monde dans lequel nous voulons vivre ?”. Elle et ses ami·es de Reconquête et du Rassemblement National, de la sphère médiatique Bolloré et autres Parents Vigilants (collectif qui lutte contre la théorie du genre et la religion musulmane) veulent un monde où le mensonge est roi pour acquérir toujours plus de pouvoir politico-médiatique. Les mensonges autrefois perpétrés sur les personnes homosexuelles ou bisexuelles (ils endoctrinent nos enfants, c’est contre nature …) se retrouvent désormais à l’encontre des personnes trans et non-binaires. En face, on peut et on doit vouloir vivre dans un monde qui accepte la réalité scientifique de la transidentité, aider et aimer ces jeunes et moins jeunes donc la vie est un calvaire car l’on ment constamment sur leur propre existence. 

  • Intervention JT : Élections américaines : les américain·es inquiet·es

    Intervention JT : Élections américaines : les américain·es inquiet·es

    L’éventuel retour d’un sénile complotiste d’extrême droite au pouvoir inquiète-il les américain·es ? 

    C’est ce qui ressort d’une étude de l’organisation psychologique américaine, qui dans une étude publiée en octobre révèle que 69% des américain·es stressent à cause des élections américaines, contre 52% en 2016 avant la victoire surprise de Donald Trump. 
    Entre batailles judicaires, débats dramatiques, retrait tardif de Biden au profit de Harris et même tentatives d’assassinat, ces élections sont particulièrement mouvementées. 

    Les médias et les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans ce stress électoral ; d’après un fervent supporter trumpiste, les américain·es sont “martelés à droite et à gauche par les médias et toutes les fausses conneries” et “peuvent rien dire sur les réseaux sociaux sans que ce soit qualifié de faux”, lorsque les démocrates s’inquiètent d’un nouveau mandat Trump. 

    Une sorte de cohésion s’est créée entre américain·es stressé·es, qui ne tiendra sûrement pas demain quand la moitié de la population désapprouvera le résultat du scrutin.  
     

  • Focus du mois : LGV Bordeaux-Hendaye et Bordeaux-Toulouse

    Focus du mois : LGV Bordeaux-Hendaye et Bordeaux-Toulouse

    Le chiffre du mois : 1500 

    C’est le nombre de personnes réunies contre la construction des LGV Bordeaux-Toulouse et Bordeaux-Dax, le week-end du 11 au 13 octobre, d’après les organisateur·ices à France Bleu. De son côté, la préfecture de la Gironde annonce dans un communiqué entre 800 et 1000 participant·es. 

    A l’appel de différentes organisations opposées au projet ferroviaire, leurs militant·es se sont réuni·es dans le village de Lerm-et-Musset, à 75km au sud-est de Bordeaux, situé sur le tracé de la future ligne.  

    Elles dénoncent l’artificialisation d’environ 5.000 hectares, l’imposition une taxe spéciale à plus de 2.300 communes pour fiancer la LGV et souhaitent rénover la ligne existante pour les trains du quotidien. 

    La carte du mois 

    Cette carte réalisée par Freinage d’Urgence, un des collectif anti-LGV, situe les autres actions menées durant ce week-end.  

    D’après un communiqué de presse des organisations, elles ont visé d’une part des entreprises impliquées dans la construction de la nouvelle ligne comme Lafarge, le géant du béton qui fournira de quoi construire 400 viaducs et tunnels ou encore Euratlantique, l’entreprise en charge de la construction du quartier éponyme derrière la gare Saint-Jean, accusée de gentrifier la métropole et d’intensifier ses flux.  

    D’autre part, des opérations de communication plus festives ont eu lieu en gares, notamment à Bordeaux. 

    La photo du mois 

    Le député LFI-NFP de la 3e circonscription de la Gironde, Loïc Prud’homme, était présent pour manifester son opposition au projet. 


    Il a prononcé mercredi 17 octobre un discours à l’Assemblée nationale demandant au ministre des Transports d’abandonner les nouvelles LGV, permettant d’après lui d’économiser 14 milliards d’euros et de préserver des écosystèmes en danger. 

    Tout comme les militant·es anti-LGV, il défend les trains du quotidien et une réorientation du budget alloué à ces LGV sur des lignes existantes en mauvais état comme la Bordeaux-Nantes ou la transversale Bordeaux-Lyon, où des travaux se sont suivis d’un abandon de la ligne en 2014.